NOTES DE VOYAGE
Voyages en Océanie et Asie... et partout où il est possible d'itinérer

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UN SÉJOUR À ST LAURENT LES BAINS

Vous avez dit St Laurent-les-Bains ? Un charmant petit village de cure dans le Parc naturel régional des Monts d'Ardèche... 135 habitants dit WikiJesaistout (5hab/km2), mais je me suis laissé dire que l'hiver ils ne sont que 8 et que toutes les maisons sont louées aux curistes à la saison - de février à novembre -. J'en profite pour préciser que l'étroitesse de cette vallée fait tout le charme du lieu : au moins nous ne sommes pas dans une cure/usine ! Ici jamais plus de 300 curistes. On se connaît tous de vue, on se salue, on plaisante et on se promet de se retrouver l'an prochain.

L'ami Wiki ajoute qu'en 1851 Saint-Laurent est l'une des deux seules communes des Cévennes vivaraises dont la densité de population est inférieure à 30 habitants/km2. Au xviie siècle les Hautes Cévennes sont pourtant nettement plus peuplées que les plaines des Basses Cévennes, peut-être grâce à la présence du châtaignier dans les hauteurs où il se plaît mieux. Dans les plaines plus basses, c'est le développement du mûrier dès le début du xviiie siècle qui a accompagné la croissance démographique commencée au xviie siècle. Voilà pour l'histoire...

Et le lieu ? Un village à 840 mètres d'altitude, dans un décor impressionnant

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qui plonge sur la vallée, au-dessus de la rivière La Borne, à la limite de la Lozère, entre les Hauts plateaux ardéchois,

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(vue des Hauts plateaux depuis Aubenas)

les Cévennes, les Vallées du Vivarais, et le massif du Tanargue (vous savez, ce massif surnommé "La montagne du Tonnerre", sur la ligne de partage des eaux Atlantique/Méditerranée, qui culmine à 1511 mètres de hauteur - situé dans le Massif central - et dont le pourtour fait environ 50 kilomètres pour 4725,79 hectares).

Eh oui nous avons traversé presque tout cela de St Sauveur de Montagut à Privas, puis la grande belle route vers Aubenas en passant par le col de l'Escrinet, enfin la route étroite et sinueuse bien ardéchoise de Lablachère à St. Laurent.

Ce qu'on aperçoit en premier, de loin, c'est la tour. Une ancienne tour de guet :

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Elle accueille une exposition permanente sur la géologie (1), le volcanisme, l'eau thermale, l'histoire du village...) mais il faut faire une petite grimpette qui n'est plus sinon de mon âge du moins dans mes capacités. Alors puisque l'on parle de l'eau thermale, je précise que la station est réputée depuis le Moyen-Âge pour le traitement des rhumatismes ; les eaux oligo-métalliques soufrées et peu minéralisées ont des effets antalgiques et anti-inflammatoires. Ces eaux chaudes surgissent à une température de 53° remontant d'une profondeur de 2500 mètres le long d'une faille ouverte (la faille jouant le rôle de drain, la remontée de l'eau est rapide et l'eau n'a pas le temps de refroidir). Par sa température elle est classée au 9è rang des eaux chaudes de France.

Mes photos de la tour ne sont pas aussi fleuries que la précédente mais elle passe par tous les aspects et d'autant plus que, de la fenêtre de mon studio je ne voyais qu'elle. La voici depuis celle-ci le 21 août au soir, le lendemain de mon arrivée :

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et fantomatique un peu plus tard :

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Vous la voulez plus triste, voire sinistre ? Plus gaie ? Plus imposante ? Plus majestueuse ? Qu'à cela ne tienne, elle est partout, à tous les dé-tours - si je peux dire ! - :

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Mais voyez-vous, moi je lui mettrais bien un petit peu de couleurs...

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Puis il y a l'église, et ses vestiges du XIIè, qui veille sur le lieu :

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Traversant vieux porches et ruelles,

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je suis allée la voir d'un peu plus près le dernier jour avec son petit cimetière à vue imprenable sur les Thermes (3è photo)

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Et l'établissement thermal dites-vous ? Eh bien tout simplement lové dans le creux en arc de cercle du village...

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Au sous-sol les Thermes, au-dessus les deux immeubles de logements, et entre les deux l'esplanade aux chaises-longues, fauteuils, parasols et restaurant...

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De mon studio (kitechenette, salle de bain, séjour/chambre) vue plongeante sur l'autre ensemble de studios... et le café où s'installer aux heures creuses (pas très nombreuses entre les matinées aux bains et les après-midis de sieste...La vie de curiste est dure !) :

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Et le village ? Charmant je vous l'ai dit. Il fait un berceau tout autour des Thermes : le voici vu de l'esplanade...

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Prenons l'escalier qui descend sur la droite

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et on aperçoit les parasols de l'unique terrasse en plein air du café du village, en face de la mairie et de la petite épicerie/tabac que je n'ai jamais manqué d'aller saluer chaque jour,

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Un peu plus loin l'église et la rue qui y mène

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Continuons et nous voici, au bout du fer à cheval, rendus au petit square qui fait face aux Thermes . Un petit marché régional s'y tient le samedi...

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Et redescendons la rue qui revient de l'autre côté jusqu'à l'établissement thermal.

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(rue vue dans les trois premières photos depuis la petite terrasse du café. Entre les deux, dans le creux, le parking en plein air de l'établissement thermal)

N'oublions pas un petit tour des maisons tapies dans des coins d'ombre, qui font les coquettes effarouchées en dissimulant l'intimité d'une vie - un fauteuil laissé là, une balustrade de fer forgé, une fenêtre - derrière un rideau, un arbre, une vigne vierge, ombres tutélaires qui sont comme une caresse autour de ce qu'à la fois elles dérobent et dévoilent...

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Et bien sûr, vous me connaissez, je n'ai pas oublié ma marotte des détails... une porte par ci, un pot de fleurs par là, sans oublier quelques vitres où s'enchevêtrent en plein soleil tous les reflets ou presque :

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Une vie de curiste ? Le farniente ! Alors n'hésitez pas, vous êtes attendu.

(Non, non, je n'ai touché aucun pot de vin de l'administration de la cure...)

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(1) des roches métamorphiques qui ont véhiculé des fluides hydrothermaux à l'origine des filons de quartz dont certains sont riches en spathfluor ou fluorite qui ont été exploités à St Laurent-les-Bains pour l'industrie de la sidérurgie et l'industrie chimique.



Publié à 22:56, le 2/10/2017,
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ARDÈCHE RAYONNANTE (SUITE)

III - UN JOUR, UN VILLAGE ou le PLAISIR DE VOIR -

ST Martin de Valamas

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30/09/16

Une petite découverte de St Martin de Valamas décidée impromptu, du moins au dernier moment car l'idée je l'avais depuis hier après avoir vérifié que certes St Jean Roure ce n'était pas pour moi, mais qu'à l'occasion de son deuxième salon du livre qui a lieu ce dimanche 2 octobre,

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il y avait aussi un café littéraire ce soir à St Martin de Valamas, à 8 kilomètres seulement du Cheylard où je venais aujourd'hui (courses, toubib, coiffeur) : beau temps de la partie (avant l'orage annoncé pour demain) et pas trop mal aujourd'hui alors... c'était l'occasion. Qui fait le larron dit-on... mais qu'allais-je dérober ? Quelques images ? Un peu de vie en douce je crois...

Depuis le Cheylard, la belle grande Ardèche des Boutières sur une route large - c'est à noter - file vers le Gerbier de Jonc. Il faudra que j'aille faire un petit salut à celui-ci un de ces jours : de très beaux souvenirs du paysage dans lequel il surgit comme une plantation presque incongrue - impertinente ? -. Sur cette route en effet j'étais souvent passée lorsque nous faisions la liaison Le Puy/Le Pral il y a bien longtemps, mais je n'en avais gardé que l'impression vague du voyageur qui range dans sa mémoire les images défilant derrière une vitre. De la route comme de St Martin de Valamas d'ailleurs, toujours seulement traversé sans arrêt. Comme s'il n'existait pas. Tant de lieux comme lui qui ne sont que des noms...

Donc me voilà en goguette, profitant du bel été indien, de sa tiédeur complice pour découvrir au bout de la route un village... qui a sa vie de village. C'est peut-être le but de toutes ces incursions : derrière la carte postale une autre vie, une vie autre. Et semblable.

Rien que d'ordinaire, mais justement.

Je me gare tout en haut près du cimetière : la vue est toujours imprenable près des cimetières, et de là j'ai belle vue sur le château de Rochebonne (1) qui se détache sur la chaîne des sucs et les silhouettes du Gerbier de Jonc et du Mézenc, les deux copains ;

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de l'autre côté, lorsque je serai descendue de mon perchoir, c'est une belle maison qui se détache sur une forêt  de conifères... voilà le village enclos.

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Entre les deux une place, une grande place, sobrement appelée "La Place" : voilà qui ne se paye pas de mots et m'enchante dans sa simplicité qui en restaure la dignité unique, LA place, voyons, il ne peut y en avoir qu'une...

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...et qui concentre l'essentiel, voire en résume l'histoire : ici le Calvaire, un peu plus loin la maison paroissiale, l'église,

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la mairie et l'Office du tourisme... et le terrain de pétanque (non photographié, désolée...). Large LA place : ici l'on se gare,

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ici l'on vit,

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ici l'on bavarde sur un banc public près d'un petit café dont je lorgne l'emplacement et l'allure sympathiques, des cafés la place n'en manque pas mais celui-ci me plaît bien.

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Oui, "ici est le village" dit la place.

Alors j'en fais le tour, de l'église à l'Office du tourisme, passant sous quelques fenêtres et balcons en fer forgé colorés,

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découvrant le départ de quelques ruelles pentues - je ne m'y aventurerai pas -, où j'aperçois au passage une tour - porte de la ville ? -,

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et je pars alors bravement à l'aventure de la principale rue du village... Au coin de la place, un peu plus bas,  le café des pêcheurs - eh oui l'on pêche dans l'Eysse par ici -,

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et je m'engage à gauche, longe le petit café sous glycine déjà repéré - en me promettant de déguster le lieu tout à l'heure -, et sans doute une des dernières cabines téléphoniques de France - tiens, figurez-vous que certains villages les transforment en kiosques à livres gratuits : on apporte, on emporte, on rapporte ou pas... Jolie idée, non ? -,

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et je descends tranquillou la rue pentue - pas trop -, saisissant au passage les éclaircies de couloirs/ruelles qui ouvrent sur le monde de "l'arrière", celui qui fait rêver - temps secret de ces mondes qui aèrent la longue rue -, petits fouillis de jardins abandonnés ou pas, derrière des grilles plus ou moins travaillées, ou des horizons ensoleillés - de mélèzes me semble-t-il - ;

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au passage aussi les petits commerces de la rue, voire traces des commerces passés dont l'écriture pâlie est aussi désuète que le nom du dit commerce lui-même - "bimbeloterie" songez un peu -

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et, rebroussant chemin lorsqu'à l'horizon paraît la sortie de la ville, je remonte en suivant le pas traînant d'un vieux monsieur, tandis qu'un autre est au spectacle depuis son balcon.

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Retour au point de départ et au café, mon joyeux petit café ensoleillé, pour déguster une belle blonde,

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et prendre quelques notes en attendant l'heure du café littéraire. Où je n'irai finalement pas : quand je m’y suis pointée, j’ai été effrayée par le côté poussiéreux et tristoune de l’Hôtel de La Poste, des participants qui arrivaient peu à peu cahin caha et qui, au peu que j’entendais des paroles de cette intelligentsia du lieu, avaient quelque chose d’un petit clan d’habitués qui ne mettait pas à l’aise l'étranger… En forme je serais restée par curiosité mais j’avais mal, il menaçait de pleuvoir bientôt, j’avais une vingtaine de kilomètres à faire - et dans la nuit, ce que je n’aime pas trop -.
Pas regretté néanmoins les bons moments de cette découverte de village. Non je n'ai pas choisi un des plus beaux villages de France, ni d'Ardèche, j'en ai même photographié les aspects désolés, abandonnés, tristounes,

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les petites solitudes qui se disent là et qu'on aperçoit parfois dans l'entrebaillement - entre deux baillements ? - d'un portail... perron vide, herbe rase et rare et le lointain brumeux d'un crépuscule...

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mais vous qui peut-être me suivez parfois dans mes pérégrinations/élucubrations, vous savez que ce n'est pas le tourisme qui m'intéresse mais ces moments de vie saisis au vol - et volés, oui, d'une certaine façon -, ces moments, ces lieux ordinaires qui en disent peu. Qui en disent long.

C'était,

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L'Ombre des chemins ardéchois.

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(1)

Le château de Rochebonne est une ancienne maison forte.  Il est rasé en 1363, pendant la guerre de Cent ans.
Suit une longue série de générations de propriétaires dont ceux-ci surtout m'intéressent : en 1639, François épouse Catherine de la Baume-Suze. En 1668, Charles François (????-1725), marquis de Rochebonne, épouse Thérèse d'Adhémar de Grignan, belle-sœur de la fille de Madame de Sévigné. Il transforme la demeure en château de plaisance. Dans ses lettres, Madame de Sévigné, qui se rend plusieurs fois à Rochebonne, surnomme Thérèse « la belle Rochebonne ».

 



Publié à 09:16, le 8/10/2016,
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ARDÈCHE RAYONNANTE

I - RAYONNER...

30 AOÛT 2016

Je ne peux conduire sans difficulté plus de vingt kilomètres ? Qu'à cela ne tienne : je rayonnerai désormais sur vingt kilomètres autour de St Martin de Cols, voyageant à la découverte des villages, hameaux, ruines, détails insolites, etc.... j'imagine d'ailleurs qu'un millimètre carré d'espace pourrait encore contenir bien des surprises : j'ai de l'avenir !

Depuis longtemps je rêvais sur le nom de St Etienne de Serres  - 40 ans d'Ardèche et je n'y suis jamais passée ! De quoi finir ma vie frustrée -... Le rêve commence toujours, d'ailleurs, par un nom, ce serre qui enserre, prend dans ses griffes, du latin "serra", crête dentée, avec sa jolie évolution sémantique en bas latin : serra/scie... Une crête en dents de scie voilà qui me plaisait ! Et puis c'est un lieu de musique au mois d'août, son festival de musique classique, le Fival, où je n'ai jamais pu aller, étant toujours par monts et par vaux - les crêtes décidément ! -, de quoi être doublement frustrée. Enfin, argument décisif, St Etienne de Serres est à 5 kilomètres de St Sauveur de Montagut, le village le plus proche de St Martin.

Certes mes voisines m'avaient dit : "St Etienne de Serres, rien à voir". Rien à voir ? C'est à voir justement.

Il faisait beau, pas trop chaud, me voilà donc partie hier à la découverte, sur une petite route escarpée comme elles le sont toutes par ici, pour cinq kilomètres de rêve... 5 kilomètres seulement car je dois dire que mes voisines avaient raison : "circulez ya rien à voir" - sauf peut-être en période de Fival ? - à part quelques maisons un peu trop modernes pour mon goût, une grande bâtisse - peut-être la salle des fêtes pour le Fival ? -, une bibliothèque tout de même, et un jardin public

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où j'ai pris le temps de me poser pour manger mon chausson aux pommes - de quoi me réconforter : songez un peu, un rêve qui s'écroule ! - avant de repartir.

Pour vous et me consoler voici tout de même un peu, Wikipedia aidant, l'histoire de ce village effacé aujourd'hui derrière une modernité fadasse. Et aussi - toujours merci Wiki - un point de vue que mon appareil n'a pu capter.

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(Wikipedia)

mais j'en ai saisi un autre,

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Au XIIIè siècle, le hameau de Serrettes, perché au-dessus de la vallée d'Auzène, est un fief du comte de Valentinois. En 1258, une bulle du Pape confirme que l'église de Saint Étienne de Serres et ses dépendances appartiennent au prieuré de Charay (Privas), rattaché au Puy.

Au milieu du xve siècle, nous savons par les « estimes » de 1464 que 33 feux y sont établis, soit environ 150 habitants. L'agriculture y est déjà développée : les châtaigniers, les chèvres et les porcs, le blé, le vin et le seigle nourrissent ses habitants ; des moulins sont déjà présents. Le lent travail d'aménagement des pentes a alors commencé et conduira aux paysages de terrasse et de châtaigneraies d'aujourd'hui. On y trouve quelques maisons fortes, dont le « château Bernard », à Freydier.

Au xvie siècle, les habitants de Serres passeront à la Réforme protestante et en subiront les vicissitudes jusqu'à la Révolution.

En 1691, la route royale dite des « Dragonnades », construite de Privas au Cheylard pour surveiller les habitants protestants, traverse la commune et a longtemps été la seule route importante. Elle témoigne des équipements de l'époque et a permis le développement économique de la commune.

En 1726, la petite seigneurie de Craux, abrite clandestinement le 1er synode national postérieur à la révocation de l'Edit de Nantes. En 1744, au Serre de Lès, point culminant de la commune que se tint une grande assemblée de 4.000 protestants bravant publiquement le pouvoir royal. (Wikipedia)

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Forcément rien d'autre à faire qu'aller un peu plus loin : la route continuait vers mon village préféré, St Julien du Gua par Issamoulenc. Là, du sûr, je connaissais déjà. Surprise, non seulement la route est superbe, mais à quelques centaines de mètres de St Etienne de Serres, le lieu dit Le Mas, est charmant, lui,

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en ruine parfois,

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mais quel bel ensemble

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sur fond de montagne austère,

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et je me suis posée là, près des champs de belladonne,

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 les bruyères en fleurs,

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rayonnantes elles aussi,

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et les châtaigniers.

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Pas déçue du voyage... Continuons un peu sur les hauteurs jusqu'à St Julien du Gua sur l'Auzene - d'où le gué (toponyme révolutionnaire "Le-Gua" dit une de mes sources... mais je cherche quelqu'un qui pourra m'expliquer en quoi le gué est révolutionnaire).

Est-ce la route qui y mène, son austérité de désert, est-ce le nom, est-ce le charme de ce village perché

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pelotonné autour de son clocher ?

 

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... Je ne sais mais toujours est-il que ce petit Gua est mon préféré dans le coin - mais j'ai encore à en découvrir ! Courage... ! -

Alors j'en ai de nouveau parcouru les deux rues, aimé la gaieté de son école,

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son lavoir qui laisse couler le temps de l'eau pour quelques rares passants,

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ses maisons modestes et coquettes,

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retapées,

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en clin d'oeil,

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ou tape-à-l'oeil,

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j'ai aimé la solitude de cet après-vacances, touristes enfuis, maisons abandonnées,

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ou un vieux banc vide et désolé

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d'où regarder peut-être le paysage paisible, velouté, des restanques, la beauté du travail qui les construit.

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Alors à la prochaine St Julien du Gua - quoique encore sans doute 499 hameaux à voir - 

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et j'ai bouclé la boucle par St Pierreville /Le Pral, et St Martin, juste le temps d'un arrêt au col de la Croix de Ferrière, où d'un bout à l'autre du cirque ne se mesure que l'immensité, l'intensité de la solitude.

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Je ne vous dirai pas que je marche facilement aujourd'hui... mais quelle importance ?


C'était

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L'Ombre des chemins ardéchois...

 

II - DU PLAISIR DES NOMS ou LE BONHEUR ITINÉRANT

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10 Septembre 2016

À la découverte d'un nouveau village : Saint Jean Roure, près du Cheylard. Le prétexte n'en était pas aujourd'hui l'attirance pour un nom : St Jean Roure, je vous demande un peu d'ailleurs, quel nom ! Il ne sonne guère que fruste et rugueux... Saint Johanni de Robore, XIè siècle, dit l'ami Wikipedia (toponymie générale de la France - Ernest Negre). Admettons... ce n'est pas beaucoup mieux ; m'aurait davantage séduit un Rouvre, genre chêne des cérémonies druidiques sacrées, mais après tout pourquoi pas : le "rovières" ardéchois est un bois de chênes blancs ou rouvres. Laissons le mystère au mystère, après tout c'est peut-être lui qui me fait rêver..., mais le repérage d'un café littéraire annoncé pour le 29 septembre, repérage des lieux, de la route, et d'un hôtel, le café s'annonçant de 20 heures à 22 heures. Pas trop mes heures habituellement mais histoire de changer... Il est vrai que les cafés littéraires risquent d'attirer, je le crains, "ceux qui se la pètent" mais pas forcément : la preuve, puisque me voilà tentée !

Trêve de plaisanterie me voici partie hier matin, destination St Jean Roure, par la petite route - pléonasme, elles le sont toutes par ici... alors disons "encore plus étroite que les autres" -, qui longe et surplombe - un véritable balcon - la vallée de l'Eyrieux,

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en passant par ces hameaux aux noms merveilleux - oui, une forêt enchantée - : qu'on ne croie pas d'ailleurs que je traverse ces hameaux, je ne traverse que les noms, voilà pourquoi, les toits, eux, sont enfouis sous les arbres ou la route : le Bois de Geyx, La Rabaste, les hauts de Marjanoux (j'ai eu beau chercher, je n'ai rien trouvé sur les origines de ces toponymies, je devrai me contenter de rêver que le Geyx est râpeux - en réalité geyx serait le gex qui vient de gaium, ville gallo-romaine - la Rabaste un peu pimbêche et Marjanoux une joyeuse jeune fille aux jupons bleus dansants - bleus, couleur de ses hortensias qui couvrent le hameau -), Le Brujassou (s'agirait-il d'un souvenir de l'espagnol "bruja" sorcier ? Ou, plus ardéchois, d'une variante du mot "bruguières", bruyères ?), et un peu plus loin La Bruje (même origine probable), Passe-vite (au moins voilà peut-être une étymologie claire, mais sait-on jamais ?)

Au passage aussi, on aperçoit le Pont de Chervil

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que surplombe Chalencon (de "chal" : pente abritée - "Quelques origines de noms de lieux en Rhône-Alpes"), un petit village "de caractère" - quelle expression amusante ! -

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un peu avant le débouché sur la grand'route de St Sauveur de Montagut (et Capulet ?) au Cheylard (un nom toujours un peu frileux pour moi, allez comprendre !).

Mon projet était de rejoindre St Jean Roure par Les Nonières - un nom chantant celui-ci (jeunes filles - jeunes nonnes ? - parties à la découverte de quelque creux de rivière  ? Mais ses habitants sont appelés les Noniérois ou les Noniéroises, hum... cela change tout !). Foin du rêve, l'origine de celui-ci je l'ai trouvée : "La forme occitane anoniera « magasin de blé » est à l’origine des noms de lieux comme Nonières (Ardèche)"... après tout, c'est peut-être vers un champ de blé et non une rivière que se dirigent mes allègres jeunes filles, voyez comme le rêve a la tête dure !) -, la montée vers St Jean Roure (966m) y étant plus progressive que par le Cheylard (10,5 - 14%).
Las ! Pas beaucoup de signalisation à partir de L'Eyrium près du Cheyalrd dont j'avais déjà repéré qu'il était près de Les Nonières, je prends à gauche, c'était à droite qu'il fallait prendre, je ne l'ai su que plus tard, et m'engage par distraction (en réalité trop crispée sur la recherche d'une route pour repérer d'autres panneaux !) sur la Dolce via réservée à vélos et piétons. Ouf ! Ni vélos ni piétons - ni a fortiori voitures - à l'horizon sur ce bout de chemin au demeurant charmant,

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juste une maison dont je ne me suis pas hâtée d'alerter les habitants,

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je fais vite demi-tour et me voilà sur la Grand Route en direction de Lamastre (rien trouvé sur celui-ci. Il a quelque chose d'un peu "cimenté" non ?) où l'on indique Nonières à 7 km.

Ouf m'y voilà ! Mais... que choisir ? trois routes possibles mais aucune ne signale St Jean Roure censé être à 3 kms, une carte touristique me laisse perplexe,

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et je n'ai ni carte ni GPS - mon iphone se plaignant du réseau -.

Alors il est peut-être temps de déjeuner ? J'avise un charmant restaurant " De l'Art ou du Cochon". -

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C'est tout pour moi me dis-je et je pénètre tout de go à l'intérieur. C'était sans compter les trente petits cochons - non je voulais dire les trente enfants de maternelle - en goguette sous la houlette de leurs maîtresses ! Quant au maître de céans il me refuse un repas - je ne suis plus assez jeune peut-être ? - et je reflue vers la mairie histoire de me renseigner sur la direction de St Jean Roure : aïe ! Qu'avais-je fait ? Voilà que trois avis différents me situent St Jean Roure à gauche, à droite, à 11 kms, à 6... Je bats en retraite et décide que le café littéraire se passera de moi - ils ne savent pas ce qu'ils perdent ceux-là ! - mais non sans dérober au passage en guise de compensation, une petite photo de cet inoubliable village.

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Et j'opte, un peu au hasard mais pas tout à fait, pour la direction de St Julien Labrousse qui a non seulement le mérite de se trouver à 5 kms de là, mais aussi celui de me rapprocher de St Martin de Cols par les Ollières, et... d'évoquer pour moi la brousse (non, non, je ne parle pas du fromage mais après tout l'un évoque peut-être l'autre ou lui est lié... fromage de brousse ? pourquoi pas... La chèvre y vient bien paître ! (2))

La faim aidant je ne fais qu'un rapide arrêt au panorama un peu plus loin, pour admirer le Gerbier de Jonc,

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et voici St Julien Labrousse où une traditionnelle petite église veille sur ses ouailles,

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un non moins traditionnel lavoir berce le temps,

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mais voici un moins traditionnel café, "Le Code Bar" - décidément on est très drôle par ici - où je vais pouvoir déguster un panini, un galopin et un café pour la somme astronomique de 7 euros !

Silence, peu de passages de voiture, chaleur écrasante et un habitué qui pianote de l'ipod sur la terrasse.

Je reprends la route direction Vernoux en V!varais, avec école buisssonnière le temps d'admirer le tronc des pins,

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traversant St Jean Chambre  (le nom provient de ses cultures en terrasse, que l'on appelait autrefois chambres, chambons ou chambonnets, plus anciennement Fonreal, rebaptisé en Val-Chambre et Valchambre sous la Révolution, ni le roi ni le saint n'y étaient en odeur... de sainteté), village de naissance du sieur Boissy d'Anglas... Je n'ai vu, moi, qu'un gentil hameau où il semble que l'on n'ait rien de mieux à faire que rêver, dormir et tondre sa pelouse - il y eut une école pourtant, une de ces hautes bâtisses grises et sévères qui furent l'école de la République et qui rappelaient qu'avec la culture on ne plaisante pas, qu'on ne l'acquiert qu'à la sueur de son front - et découvrant un peu plus loin un eco-hameau.

Petite bifurcation par Les Ollières après avoir déniché quelques toits nichés dans la verdure comme cette étrange, immense maison signalée au bout du chemin par un "Jacques Antoine" mystérieux,

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et traversé Beley

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où l'on passe la Dunière.

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La boucle est bouclée... c'était un peu plus que je ne pensais, il est plus que temps de rentrer mais quel bonheur que ce petit voyage ! Pas eu de coup de foudre mais beaucoup de sympathie pour ces hameaux ou villages qui vivent tranquillement leur petite vie anonyme, et peut-être aussi le plaisir tout simple de l'itinérance...

J'ai vu le papillonnement du soleil  sur les routes d'entre bois,

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découvert un champ de pieux...

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sinué par des campagnes tout étourdies de chaleur, et rêvé au passage sur tous les noms des poteaux indicateurs : ce "cabreyron" par exemple (quelque chèvre faisant des cabrioles ? Ou le "cabron" espagnol, enfoiré, et même cocu et alors retour à la chèvre, non ?) ou ce merveilleux Pimpinelle... dont je ne connaîtrai sans doute jamais le hameau qui en porte le nom de poupée - quoique je ne sois point de la génération "Pimprenelle" - de mannequin, voire de personnage de comédie italienne...

Mais je ne peux tout de même pas bifurquer dès qu'un nom me plaît !! Quoique... À voir.

 

C'était

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L'Ombre des chemins ardéchois...

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(1) - Sources : pour ceux qui seraient intéressés, je signale le site http://crehangec.free.fr/rhon.htm "Quelques origines de noms de lieux en Rhône-Alpes" - J'ai fait appel également à mon  livre "Dictionnaire du parler de l'Ardèche" et, abondamment, à mon imagination !

(2) Pour les gourmets : « Dans les Bouches-du-Rhône, cette recuite, issue de la race de chèvre du Rove, s'appelle brousse du Rove. Elle est remarquée au moins depuis le début du XIXè siècle. De nos jours, cette brousse toujours rare et recherchée à Marseille et dans la région, a changé: elle est faite soit avec le lait des chèvres du Rove, soit avec du lait de vache; en tout cas, c'est de lait qu'il s'agit et non plus de lactosérum. Néanmoins, elle est encore dégustée sucrée, arrosée d'eau de fleur d'oranger, ou sert de base à un gâteau aux œufs »

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Publié à 20:58, le 30/08/2016,
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UN REGARD SUR LYON EN TRAMWAY

10/01/16 - INSTANTS AU VOL ou VOL D'INSTANTS -- II ---

De Lyon centre à Villeurbannes... C'est tout simple !

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Un regard qui passe, un regard sur ce qui passe.

Une autre image du monde sous les yeux : mouvements, lumières essaimées, posées dans quelle rue, sur quel immeuble, au coin de quelle place ou de quel square, ou étoiles de couleurs sur un manteau de ciel ?

Un trajet pourtant bien net sur la carte, des avenues bien tracées, des immeubles bien en place.

Il est vrai qu'il pleut. De quoi brouiller un peu les cartes... et les vitres. Allez savoir où sont les frontières...

Alors le monde tangue un peu : des fruits s'évanouissent sur la chaussée et des arbres y poussent - à l'envers il est vrai, mais dans un autre monde il faut s'attendre à tout - le haut des immeubles s'efface dans le ciel, et attention où on met les pieds sur les trottoirs. Quant aux vélos ils ne sont pas plus sûrs que les tramways...

Au retour le mien s'enfonce peu à peu dans la nuit... Pourtant, j'en suis sûre, je n'ai pas rêvé. Et voici ce que j'ai vu :

Un monde psychédélique - non, non je n'avais pas non plus abusé de mon cannabis habituel -, un monde en érosion, ou peut-être un avant-monde ?

Les immeubles tremblent, fusionnent, ou s'agit-il d'une ville après un bombardement ?

C'est un monde habité pourtant. Quelques formes - humaines semble-t-il - s'agitent dans des peut-être arrière-cuisines ou antres de bureau Ou magasins ? Alors rien n'est perdu, le monde est là.
Enfin : là... ? ... Là, oui, mais en double, en triple parfois. Et d'ailleurs où est l'intérieur et l'extérieur ? Dans ces tramways qui se croisent où sont ces passagers ? Et voilà que les rails sont sur des grilles... Si vous regardez bien, sur les grilles et sur les rails vous verrez mon sac qui est sur mes genoux.
Il vient de loin... de Bali ! Mais il est là.
 
Là...?

Ciel, dans quel monde vivons nous !

Mais vive les voyages !

AML

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est vrai qu'il pleut

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié à 15:18, le 9/02/2016,
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NI CIEL NI TERRE

24-03-13

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12 heures 20… et c’est parti pour un long voyage jusqu’à Nouméa.

Mais d’abord 2 heures 30 de vol jusqu’à Helsinki : le vaillant petit avion vient de prendre ses ailes à son cou et dévale la piste à toute berzingue jusqu’au moment où il ne reste plus sous nos yeux qu’une petite fenêtre de ciel sur l’écran du téléviseur. Waaouhh ! Il a encore réussi…

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La terre se remet alors à vaquer à ses petites occupations, ignorant superbement ces fraudeurs de la vie qui ne l’ignorent pas moins en faisant l’école buissonnière de l’espace et du temps et se font servir à 13000 pieds au-dessus de sa tête par de ravissantes hôtesses en costume style petit mousse, à la peau fraîche et rose et aux longues nattes blondes, de cet or argenté propre aux filles du Nord.

Sur l’écran un petit corps d’acier se vautre au milieu de prés verts, abandonne Düsseldorf et pointe un nez têtu vers Copenhague puis les champs de neige d’Helsinki.

Et d’un !

Pas beaucoup de temps à perdre pour « magasiner », comme disent les Canadiens… juste une petite incursion sur terre, comme si celle-ci n’était rien d’autre qu’un décor de théâtre où entrer et sortir (ou plutôt : où descendre et d’où monter), « coucou, me voilà et à la prochaine ».

Comment savoir d’ailleurs où est la réalité, la terre tourne et nous aussi sans jamais nous rencontrer… Comment savoir qui est « nous » de celui que gave avec attention le personnel de bord,

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ou de son double enfermé dans cet étrange objet du ciel qui sillonne le petit écran, tantôt tendu comme une flèche vers Krasnoyarsk et Irkutsk, laissant Novosibirsk à sa droite,

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et plongé dans la nuit étoilée

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à l'intérieur d’une sorte de ronde de planètes-noms...

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L’avion suivant sera à destination de Séoul : huit heures pour rejoindre le « pays du matin calme ». Calme, il faut le dire vite, chacun presse le pas pour rejoindre à temps le port d’embarquement…

 

Ne restera plus, après un dernier essor, que 12 heures jusqu’à Nouméa. Une broutille…

 

Vous avez dit terre ?

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Publié à 12:32, le 4/05/2013, Nouméa
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